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LA REBELLION POST-MARXISTE DES INDIENS AU CHIAPAS

FMI/BANQUE MONDIALE 50 ANS, CA SUFFIT !


 

LA REBELLION POST-MARXISTE DES INDIENS AU CHIAPAS

L'éclatement de la révolte du Chiapas montre que le Mexique d'antan n'existe plus. Le Nord du pays a pour capitale... Los Angeles. Mexico City compte ... 35 million d' habitants. Au Sud, il y a l' Amérique Centrale avec le Chiapas : 1.000. 000 d' indiens ethniquement purs. Quinze millions d' indiens souffrent la misère dans ce pays voisin des USA. Déjà en 1992, des milliers d' indiens sont descendus dans la ville de San Cristobal de las Casas pour détruire les statues édifiées aux conquistadors.
Le ler janvier 1994, ils ont attaqué la ville et les casernes. Ce fut un démenti terrible de la prétention de l' état que le Mexique était devenu moderne et proche des USA (le marché commun avec les USA, appelé ALENA/NAFTA. Les Indiens revendiquaient du pouvoir (et non le pouvoir à Mexico) et des territoires, de la terre. L'Etat réagit d'abord par la répression mais ensuite il l'arrêta grâce aux pressions de la Société Civile. (NDLR : en janvier 1995, la répression armée s'abattit lourdement puis céda à nouveau la place à la négociation grâce à une véhémente protestation tant locale qu'internationale). Le porte-parole des Indiens est le sub commandante Marcos, un Blanc, ex-prêtre, sorte de condottiere, révolutionnaire post-marxiste. Les Indigènes ont eu recours à une démonstration violente comme une action extrême d'auto-défense. Au Chiapas, Etat riche en ressource, ils sont miséreux. Ils ne veulent pas la guerre mais font une sorte de sacrifice en exprimant leur utopie : une société moins raciste. L'indien actuel est invisible alors qu'il est montré dans les superbes musées (mais mort et "ancien"). La Société Civile est encore polluée par la notion de l' état de gauche ou de droite sans voir que le grand ennemi est la méga-économie qui domine tout, même l' état.

En fait, les Indiens ont utilisé la violence pour arriver à un but non-violent Si on les écoute dans leur utopie, ils baisseront les armes. Sinon, ils commettront un sacrifice kamikaze (sorte de suicide).
La question posée par la révolte du Chiapas est majeure : "Comment imaginer une autre gouvernabilité ?'

Quel nouvel Etat ? Les ONG étaient des antithèses. Maintenant elles ne sont que des prothèses. Elles doivent devenir une synthèse : mettre en contact les différents acteurs dans la société, y compris les producteurs et les consommateurs. Les ONG doivent savoir manier la "médiation".

Il faut travailler avec les "entrepreneurs", en crise actuellement, pour bâtir une MESO-ECONOMIE. L'économie informelle et les PME (petites et moyennes entreprises) sont la méso-économie. Mais 90% des micro-entreprises s'effondrent ! Il faut recréer une économie. On ne peut dire "non" à rien car nous sommes en recherche.
Il faut aussi penser à la subversion économique de la méga-économie. "L'informel" subvertit la méga-machine à sa manière, non violente.

Luis Lopezllera Mendes
Président du Réseau Cultures
Secr ? Gén. De PDP, Mexico.
(Notes prises au vol) 

FMI/BANQUE MONDIALE 50 ANS, CA SUFFIT ! 

 (.. ) La Banque promeut le développement par la croissance et le FMI vise l'équilibre de la masse monétaire internationale via celui des balances de paiements et la lutte contre l'inflation. (...) En 1990, la Banque mondiale a changé son discours en insistant sur la lutte contre les effets négatifs des plans d'ajustement. Or, sur le terrain, on constate que c'est faux : la Banque continue d'appliquer des plans d'ajustement à l'ancienne. (...) Les fonctionnaires de Washington continuent à négocier avec les ministres des Finances locaux, sans dialoguer avec ceux de la Santé et de l'Education.

(...) Les mécanismes de répartition de la croissance, dont disposaient les Etats dans les années 60, n'existent plus aujourd'hui : l'Etat est privé de ses moyens au nom de la globalisation. (...) Je souhaite qu'on se rende compte que le développement repose sur des peuples qui ont des capacités de développement et des problèmes spécifiques. Il faut accepter que notre monde est polycentrique et trouver des processus de médiation autres que les équations économiques. (...)

(.. ) Aujourd'hui, éthiquement, on ne peut pas accepter l'application de ces mesures suicidaires. De plus, lorsqu'elles sont recommandées par des experts qui ne connaissent pas la réalité du pays. Récemment, je me suis rendu dans un pays en développement Pendant que j'allais visiter mes projets, le fonctionnaire venu de Washington rédigeait son rapport sur base des données qui lui étaient fournies dans les administrations. C'est odieux car il n'a pas vu ce qui se passe sur le terrain, il n'a pas vu "crever" les malades du sida dans les dispensaires parce qu'il n'y a plus de seringues. Non, ces institutions déshumanisées, non contrôlées politiquement, non démocratiques, ne peuvent être soutenues.

Pierre Galand, Président CNCD
Centre National de Coopération au Développement
Secrétaire Général d' OXFAM-Belgique
(extrait d' une lettre ouverte à la Banque mondiale)

 

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